
L’Ombre du Roi : L’enterrement d’Abobakou vivant en terre yorouba
Au cœur d’Oyo, au sein de la riche tapisserie de la terre Yoruba, réside une pratique imprégnée de tradition et enveloppée de solennité : l’enterrement de l' »Abobaku ». Ce terme, résonnant à la fois avec la loyauté et le sacrifice, se traduit par « celui qui meurt avec le roi ». Il évoque une coutume profonde, quoique troublante, qui régnait autrefois dans la région.
Le rôle de l’Abobaku était austère et inflexible. Désigné pendant le règne du monarque, cet individu était choisi pour accompagner le roi dans le royaume des ancêtres. À la mort du roi, l’Abobaku devait être enterré à ses côtés, un sacrifice considéré comme essentiel pour la transition en douceur du roi vers l’au-delà.
La raison d’être de cette pratique découlait d’une croyance profondément enracinée dans la cosmologie Yoruba. On pensait que le fait de ne pas fournir au roi ce compagnon attirerait de graves malheurs sur le royaume. La présence de l’Abobaku était considérée comme une sauvegarde nécessaire, assurant l’influence et la protection continues du roi même après sa mort.
Pour réitérer, les principes fondamentaux de cette tradition peuvent être résumés comme suit :
* Signification : « Abobaku » se traduit littéralement par « celui qui meurt avec le roi » en langue Yoruba.
* Rôle : L’Abobaku était une personne, souvent proche du roi, qui était choisie pour être enterrée vivante avec le monarque à sa mort.
* Croyance : On croyait que le voyage du roi vers l’au-delà serait plus doux et que le peuple éviterait le malheur si l’Abobaku était enterré avec lui.
La pratique d’enterrer l’Abobaku reflète la relation complexe entre les vivants et les morts dans la culture Yoruba. Elle souligne l’importance primordiale du roi, étendant son influence au-delà des limites de la vie mortelle. Il témoigne du profond respect et de la vénération accordés aux rois d’autrefois, et des sacrifices faits en leur nom.
La Fin d’une Ère :
L’Abolition de la Tradition de l’Abobaku à Oyo
La pratique d’enterrer un « Abobaku » avec l’Alaafin d’Oyo, une tradition autrefois profondément enracinée dans la culture Yoruba, est désormais une relique du passé. Le terme « Abobaku », signifiant « celui qui meurt avec le roi », révèle la nature solennelle de cette coutume.
Historiquement, l’Abobaku, souvent un général de guerre respecté, avait le devoir de protéger l’Alaafin. À la mort du roi, cet individu devait être enterré vivant à ses côtés, un sacrifice destiné à assurer la transition en douceur du roi vers l’au-delà.
Cependant, cette pratique a été abolie pendant l’ère coloniale britannique. Reconnaissant la valeur de l’Abobaku en tant qu’interprète, les autorités coloniales sont intervenues. Elles ont effectivement aboli la tradition en piégeant l’Abobaku et en le condamnant à la prison à vie, empêchant ainsi l’enterrement coutumier.
Depuis lors, la tradition de l’Abobaku n’a pas été ravivée. Il n’y a aucun cas enregistré d’un Abobaku enterré avec un Alaafin ces derniers temps. Cela a été évident lors du décès en 2022 de l’Alaafin d’Oyo, Oba Lamidi Adeyemi, décédé à l’âge de 83 ans. Ses rites de passage finaux, qui ont duré trois mois, ont été menés sans l’observation de cette ancienne coutume, confirmant son arrêt permanent. L’abolition de la tradition de l’Abobaku marque un changement significatif dans les pratiques culturelles d’Oyo, reflétant l’impact de l’influence coloniale et l’évolution des normes sociétales Yoruba.











