Ce qui suit est un passage des prières Ga Kple.
Bo ji nyɔ̃ŋmɔ ni obɔ ŋwen kɛ shikpɔŋ kɛ nɔfianɔ ni yɔmli, Ni oha Ga bɔfo SAKUMƆ.
Nɔ ni okɛɛ noji nɔni wɔbaa fe, nɔni otsikotaŋ wɔnyɛ he noko wɔfee.
C’est Toi à créé le cieux et la terre et tout ce qui s’y trouve, et tu as donné aux Ga un Messageur SAKUMÒ. Ce que tu as recommandé, c’est ce que nous ferons et ce que tu as interdit, il n’y a rien que nous puissions faire.
L’Ancêtre « Animiste » ? Un Regard Époustouflant sur la Spiritualité Africaine

Hier, je me suis retrouvé au cœur d’un débat animé entre des musulmans et des personnes se disant « Khémites ». Ce qui m’a le plus frappé n’était pas l’habituel échange d’arguments, mais une affirmation audacieuse faite par les Khémites : que leurs ancêtres, et par extension, tous les ancêtres africains noirs, étaient « animistes » et non monothéistes. Ils affirmaient que les pratiques spirituelles anciennes des Africains étaient centrées sur le culte des esprits habitant les objets naturels, rejetant toute notion d’un Dieu unique et suprême.
L’Afrique a été monothéiste dès ses origines. Bien que de nombreuses innovations aient corrompu le culte originel, on peut encore y trouver aujourd’hui de nombreux éléments de cette monothéisme primordial.
Ustaz Wadd Afriqi
Intrigué, j’ai demandé le mot « animiste » dans leurs différentes langues vernaculaires. La réponse ? Disons simplement que ce n’était pas une leçon de linguistique. Au lieu de cela, j’ai été accueilli par ce qui m’a semblé être une hostilité défensive, une réaction courante, semble-t-il, aux questions remettant en cause leur récit.
Cette rencontre m’a laissé perplexe et m’a poussé à rétablir la vérité. L’affirmation selon laquelle il n’existe pas un seul groupe ethnique en Afrique qui ait traditionnellement reconnu un être suprême est, franchement, incroyablement fausse.
Considérez ces noms : XIKWEMBOU, TILO, NKOULOUKOUMBA, YINƐ, NZAMBE, NKOSI, NYAME, MOUNGOU, TCHINEKE, MAWU, NZAPA, IRKOUE, NYOGNMO, IGUE, OLORUN (et d’innombrables autres). Ce ne sont pas de simples syllabes aléatoires ; ce sont les noms de Dieu dans les diverses langues et cultures à travers le continent africain. Des forêts aux savanes, nos ancêtres reconnaissaient un créateur puissant et ultime.
Oui, de nombreuses cultures africaines reconnaissent également des divinités et des esprits inférieurs. Mais voici le point crucial, le détail qui brise l’étiquette « animiste » : ces entités ne sont pas adorées aux côtés de Dieu comme des égaux. Au lieu de cela, elles sont souvent considérées comme des intermédiaires, comme des exécutrices de tâches spécifiques ordonnées par le Tout-Puissant. Les prières, la vénération ultime et le cœur de la croyance spirituelle sont dirigés vers l’Être Suprême.
Pensez-y. Lorsque les prêtres et les chefs spirituels africains traditionnels mènent leurs rituels sacrés, qui invoquent-ils en dernier ressort ? Ils invoquent le nom de Dieu, puis peut-être leurs ancêtres comme guides et témoins. Vous ne les entendrez jamais supplier un arbre, une pierre ou un singe de résoudre un problème profond ou d’offrir le salut ultime.
Le terme « fétiche » me vient à l’esprit – un mot étranger, d’origine latine, utilisé comme une arme par les colonialistes pour diaboliser la richesse et la complexité du tissu spirituel africain. Nos ancêtres, dans leur sagesse, ont fini par comprendre la nature désobligeante de cette étiquette. Et maintenant, nous observons un phénomène similaire avec l’adoption de l’« animisme ».
Je comprends la motivation derrière cette adoption par certains « Khémites ». Cela semble être une tentative délibérée de se distancer des religions monothéistes, peut-être pour forger une identité distincte des structures religieuses établies.
Cependant, les penseurs de ce mouvement doivent approfondir leur réflexion. Le mot « animisme », avec ses connotations d’une vision du monde primitive et peu sophistiquée, est une lentille empruntée qui déforme la compréhension profonde du divin qui a toujours existé au sein des cultures africaines. Bien qu’il puisse servir d’étiquette commode aujourd’hui, ses limites et son bagage historique pourraient s’avérer restrictifs demain.
Nos ancêtres n’adoraient pas simplement des objets inanimés. Ils reconnaissaient l’interconnexion de toutes choses et les forces spirituelles en leur sein, oui, mais cette compréhension était toujours ancrée dans la croyance en une source unique et ultime de création et de pouvoir. Qualifier leurs systèmes spirituels complexes et nuancés de simple « animisme » est non seulement inexact, mais aussi un manque de respect envers leur profonde sagesse et leur héritage.
Réapproprions-nous notre récit. Célébrons la compréhension sophistiquée du divin qui a toujours été la pierre angulaire de la spiritualité africaine. Dépassons les étiquettes simplistes et empruntées et explorons véritablement la profondeur et la beauté époustouflantes de nos croyances ancestrales.