
Remise en Question du Récit : L’Esclavage Arabe et la Quête de Vérité
La récente vidéo d’Alain Foka sur l’esclavage arabe a suscité une conversation nécessaire, bien que complexe. Bien qu’il soit indéniable que l’implication arabe dans l’asservissement des Africains soit une réalité historique, les détails spécifiques et le cadrage de cette histoire méritent un examen attentif.
Il est important de reconnaître, comme le souligne le texte initial, que l’histoire de l’esclavage en Afrique n’est pas un simple récit d’un groupe victimisant un autre. Les sociétés africaines précoloniales, y compris les groupes couchitiques, tchadiques et nilotiques, se sont engagées dans leurs propres formes d’esclavage interne, impliquant souvent la capture et la subjugation de peuples voisins, en particulier ceux d’origine bantoue et les groupes ethniques qui parlent les langues Niger-Congo, Bénoué-Congo et les langues apparentées. Les histoires orales et les études anthropologiques confirment l’existence de ces pratiques parmi des groupes comme les Gouranes, les Kanouris, les Zarma, les Zagawa, les Somaliens, les Oromos, les Afars, les Issas, les Touaregs et les Wolofs, entre autres. Ces pratiques impliquaient à la fois la servitude domestique et le commerce d’individus réduits en esclavage.
Le texte souligne également la persistance de populations réduites en esclavage dans divers pays arabes et à majorité musulmane, notamment l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, l’Irak, l’Iran et Oman. Cela met en évidence que l’héritage de l’esclavage historique n’est pas simplement un souvenir lointain, mais une question contemporaine.
Cependant, plusieurs questions critiques se posent concernant la vidéo d’Alain Foka, en particulier concernant l’exactitude de certaines affirmations :
- Le chiffre de « 17 millions » : La source et la méthodologie derrière l’affirmation de 17 millions d’Africains réduits en esclavage par les Arabes sont cruciales. Sans données et calculs transparents, ce chiffre reste non étayé.
- Castration et preuves visuelles : L’affirmation de castration généralisée soulève des questions sur la disponibilité de preuves historiques concrètes. Le calendrier de ces pratiques, par rapport à l’invention de la photographie ou de la vidéographie, nécessite des éclaircissements.
- Esclavage de masse saharien : La période et l’étendue de l’esclavage à grande échelle dans le Sahara nécessitent un contexte historique spécifique. Les généralisations sur « l’esclavage de masse » sans calendriers et lieux précis sont problématiques.
- Focalisation géographique : L’observation selon laquelle les preuves de Zanzibar et de la langue swahilie pointent vers une focalisation sur les origines de l’esclavage en Afrique de l’Est est significative. Cela pourrait potentiellement déplacer le récit d’une focalisation purement ouest-africaine.
- Affirmations « très sanglantes » : Les affirmations de brutalité extrême nécessitent des preuves à l’appui. Les récits historiques et les atrocités documentées devraient être présentés pour étayer ces affirmations.
- Esclavage arabe préislamique : Alain Foka a utilisé le terme inventé « ARABO-MUSULMANS » pour désigner les Arabes qui pratiquaient l’esclavage. Cela implique-t-il que des Arabes comme Umayyah ibn Khalaf, qui a réduit en esclavage Hadrat Bilal (RA) et d’autres avant l’avènement de l’Islam, devraient être désignés comme « Arabes chrétiens », « Arabes animistes » ou « Arabes kafirs » ?
L’appel à Alain Foka pour qu’il fournisse des informations exactes et vérifiables est justifié. L’histoire exige de la précision, et les généralisations peuvent obscurcir des réalités complexes. Le désir d’une représentation équilibrée, incluant la reconnaissance de l’implication des groupes africains dans l’esclavage, est également essentiel.
L’auteur du texte cherche une compréhension plus complète et nuancée de l’esclavage arabe, qui reconnaisse à la fois les faits historiques indéniables et les complexités de la question. Le désir d’exactitude historique n’est pas une tentative de minimiser les souffrances causées par l’esclavage, mais plutôt une demande pour un compte rendu véridique et complet.