Appelle au sentier de ton Seigneur par la sagesse et la bonne exhortation ; et discute avec eux de la meilleure façon. Certes, ton Seigneur connaît le mieux ceux qui s'égarent de Son chemin, et c'est Lui qui connaît le mieux ceux qui sont bien guidés.
Sourate An-Nahl (Les Abeilles), verset 125

La Vérité Inconfortable : Blasphème, Respect et Notre Humanité Commune
Chers Kémits, Chrétiens, Musulmans, Païens, Animistes, et à tous ceux que cela concerne,
Faisons face à une vérité qui pourrait piquer, une vérité qui peut sembler une offense, mais qui est loin d’être un péché. Nous ne devrions pas nous comporter comme le chien sot proverbial aboyant après un oiseau qui vole, prenant le spectacle pour une menace réelle.
L’existence même des lois sur le blasphème, souvent mal comprises et mal utilisées, en dit long. Ces lois, à leur base, ont été conçues pour protéger ceux qui n’adhèrent pas à une foi particulière.
Pensez-y : lorsque vous êtes soumis à la violence – battu, torturé, agressé, ou même brûlé – pour avoir prétendument insulté Dieu, un prophète ou des textes sacrés, souvenez-vous de ceci : c’est vous qui ressentez la douleur, l’agonie. Le divin, dans sa transcendance présumée, n’est pas physiquement blessé.
Ce même principe s’applique à travers tout le spectre des croyances. Lorsqu’un Musulman, un Chrétien ou quiconque d’autre profère des paroles dures contre les pratiquants du Vaudou, les Païens, les Animistes ou tout autre système de foi et de croyance, ce sont les adhérents de ces systèmes qui ressentent la piqûre, le manque de respect. Par conséquent, il devient clair que les lois sur le blasphème sont fondamentalement en place pour protéger ceux qui se tiennent en dehors du cadre religieux dominant.
Il va de soi qu’aucune personne véritablement rationnelle ne dénigrerait intentionnellement les croyances profondément ancrées d’autrui. La sagesse réside souvent dans la compréhension et le respect de la diversité de la spiritualité humaine. De plus, nous devons apprendre à nous écouter les uns les autres, que les conseils viennent de notre propre communauté de foi ou d’une perspective entièrement différente.
Ici, une observation quelque peu inconfortable se présente : les Africains ont parfois montré une tendance à adopter facilement les pratiques et les idéologies de l’Occident, qu’elles soient bénéfiques, néfastes ou simplement incongrues avec nos propres contextes.
Considérez la tendance troublante que nous observons dans certains pays occidentaux : des individus brûlant publiquement des Corans ou utilisant un langage incendiaire contre les Musulmans. Ces actions, aussi répréhensibles soient-elles, se produisent souvent dans des sociétés où de telles expressions, aussi haineuses soient-elles, sont parfois protégées par le parapluie de la liberté d’expression, les auteurs bénéficiant souvent d’un certain niveau de protection de leurs gouvernements.
Maintenant, comparez cela avec la situation en Afrique. Un individu, peut-être dépourvu même de la protection de base accordée à un animal domestique, pourrait se sentir enhardi à insulter publiquement la foi des autres, imitant le comportement nuisible qu’il a vu ailleurs. C’est une imitation dangereuse et malavisée.
Essentiellement, aucune personne raisonnable ne recourrait à des insultes ou à un comportement agressif envers la foi d’autrui pour ensuite tenter de le justifier par la « liberté d’expression ». La véritable liberté d’expression doit être étroitement liée à la règle d’or : traiter les autres comme nous souhaitons être traités.
J’implore tous ceux qui participent à des discussions interreligieuses, qu’il s’agisse de débats formels ou de conversations informelles, d’aborder ces interactions avec maturité, rationalité, tolérance, dignité et, surtout, respect pour les choix et les croyances des autres. Notre humanité commune transcende nos différences, et c’est en reconnaissant et en honorant cela que nous pouvons véritablement construire des ponts de compréhension et de paix.