Démêler l’Énigme : Zahi Hawass et le Débat sur les Origines de l’Égypte Antique

La question des origines de l’Égypte antique a suscité des débats passionnés pendant des décennies, les théories afrocentriques contestant les interprétations dominantes.
Récemment, l’égyptologue de renommée mondiale Zahi Hawass a relancé cette discussion, rejetant fermement l’affirmation selon laquelle les anciens Égyptiens étaient des Africains noirs. Ses commentaires, publiés dans une interview avec Daily News Egypt, ont ravivé un récit historique complexe.
La Position de Hawass : Un Rejet des Affirmations Afrocentriques
Hawass a déclaré sans équivoque que les affirmations selon lesquelles les anciens Égyptiens étaient des Africains noirs sont « totalement fausses ». Il a reconnu la présence des Koushites, qui ont régné sur l’Égypte pendant la 25e dynastie, et a suggéré que cette période a probablement alimenté la croyance en des origines africaines noires. Cependant, il a souligné une séparation distincte entre ces dirigeants koushites et la population plus large de l’Égypte antique.
Tracer les Origines : Sémites, Hamites et Égyptiens Natifs
Hawass a proposé des origines alternatives, citant des théories qui font remonter les anciens Égyptiens soit aux Sémites (descendants de Sem, fils de Noé) soit aux Hamites (descendants de Cham, fils de Noé), avec des influences de Palestine et d’Afrique. Il a souligné les variations régionales des traits faciaux observées dans le Delta et la Haute-Égypte, suggérant une population diversifiée.
Il a spécifiquement abordé l’influence de Cheikh Anta Diop, un éminent partisan des théories afrocentriques, qui a plaidé pour une origine africaine noire des anciens Égyptiens. Hawass a contré cela en se référant aux découvertes de l’égyptologue britannique Flinders Petrie à Naqada. Selon Hawass, les découvertes de Petrie soutiennent la notion d’une origine purement égyptienne, affirmant que « la civilisation égyptienne antique n’a pas eu lieu en Afrique, elle a eu lieu seulement ici ».
La « Terre Noire » et son Interprétation
Un point de discorde majeur réside dans l’interprétation de « kemet », le mot égyptien antique souvent utilisé pour décrire leur terre. Les érudits traditionnels traduisent « kemet » par « la terre noire » ou « le lieu noir », attribuant cela à la terre noire fertile déposée par les crues annuelles du Nil. Cette interprétation a été saisie par les érudits afrocentriques pour soutenir leurs affirmations d’origines africaines noires.
Cependant, la perspective de Hawass suggère une compréhension différente de « kemet », se concentrant potentiellement sur la fertilité du sol plutôt que sur la couleur de peau des personnes habitant la terre. Cette divergence d’interprétation met en évidence la complexité de l’analyse historique et l’influence des perspectives culturelles.
La Signification de la 25e Dynastie (Règne Koushite)
La 25e dynastie, dirigée par des rois koushites de Nubie, représente une période cruciale dans ce débat. Ces dirigeants, originaires d’une région au sud de l’Égypte, possédaient indéniablement des origines africaines. Cette période, cependant, représente une très petite partie de la vaste histoire égyptienne antique. Hawass soutient que cette période ne devrait pas être utilisée pour définir l’ensemble de la population égyptienne antique.
Le Débat Continu et le Besoin de Nuance
Le débat entourant les origines de l’Égypte antique reste complexe et multiforme. Il souligne l’importance d’une érudition rigoureuse, d’une analyse critique et d’une compréhension nuancée du contexte historique.
Points clés à considérer :
* Diversité au sein de l’Égypte antique : La population égyptienne antique était probablement composée de groupes divers avec des origines et des caractéristiques physiques variées.
* L’influence de la Nubie : Les interactions culturelles et politiques entre l’Égypte et la Nubie, en particulier pendant la 25e dynastie, ont joué un rôle significatif dans la formation de l’histoire de la région.
* L’interprétation de « Kemet » : La signification de « kemet » reste sujette à interprétation, mettant en évidence les défis de la traduction et de la compréhension des textes anciens.
* L’importance des preuves archéologiques : Les découvertes archéologiques, comme celles de Naqada, fournissent des informations précieuses sur les origines et le développement de la civilisation égyptienne antique.
* Éviter l’essentialisme : Il est crucial d’éviter d’essentialiser tout groupe, en reconnaissant la fluidité de l’identité et la complexité des migrations historiques et des échanges culturels.
Les déclarations de Zahi Hawass ont relancé une conversation cruciale, incitant les érudits et le public à réexaminer les preuves et à s’engager dans une compréhension plus nuancée de l’histoire égyptienne antique. Bien que le débat puisse ne pas donner de réponse définitive, il nous rappelle la quête continue pour démêler les mystères de notre passé.