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Conférence Kamites: Remise en question de la Conférence Khemites tenue le 23 mars 2025.

Le 23 mars 2025, un événement a eu lieu qui a suscité des discussions considérables et soulevé des questions pertinentes sur le tissu même de l’identité africaine. Les Kémites ont organisé une conférence sous la bannière « Valeurs Africaines Traditionnelles face à l’Impact Occidental », avec Shenuty Lobola comme conférencier principal.

Bien que l’initiative de discuter des valeurs africaines soit louable, la prémisse et la portée de cette conférence particulière ont suscité un examen critique.
Ayant eu l’occasion d’écouter à plusieurs reprises des messages audio de la conférence des Kémites, certains aspects méritent d’être éclaircis. La question centrale tourne autour de la position des Kémites qui se présentent comme la voix de tous les Africains. Bien que l’intention d’explorer et de promouvoir les valeurs africaines traditionnelles soit compréhensible, l’affirmation de parler au nom d’un continent entier, englobant une vaste diversité de cultures, d’histoires et de croyances, est un point de discorde.


Il est indéniable que les Africains partagent certaines similitudes, notamment la couleur de peau et, dans certains cas, des nuances culturelles. Cependant, assimiler ces traits communs à une identité monolithique qui permettrait à un seul groupe de dicter ou de définir la voie pour tous est une simplification qui ignore la riche tapisserie des sociétés africaines.


La question fondamentale se pose : comment peut-on soutenir de manière convaincante qu’un Ashanti du Ghana et un Beja du Soudan sont les mêmes ? Ou qu’un Pygmée de la RDC et un Hoaussa du Nigéria partagent une expérience culturelle identique ? Les différences sont profondes et multiformes. Les Africains parlent une multitude de langues, pratiquent diverses croyances spirituelles et possèdent des profils ADN uniques façonnés par des histoires et des environnements distincts. Suggérer qu’une couleur de peau partagée transcende ces différences fondamentales et confère à un seul groupe l’autorité de parler pour l’ensemble du continent est une proposition qui nécessite un examen attentif.
Je souligne à juste titre que de telles initiatives peuvent être perçues comme ignorant, minimisant, voire opprimant les diverses expériences et perspectives au sein de l’Afrique.

Bien que les Kémites aient tout à fait le droit de se réunir et de discuter de questions relevant de leurs propres intérêts, l’extension de leurs déclarations pour englober tous les Africains soulève des préoccupations importantes.
L’argument souligne en outre les traditions profondément enracinées au sein de diverses cultures africaines. Les exemples fournis – l’Ashanti ne pratiquant pas les rites de naissance pour un enfant Ga, le Sara ne menant pas les rites funéraires pour un Massa, et le Bateke n’officant pas les rites de mariage pour les Kikuyu – illustrent avec force la nature localisée des pratiques culturelles et le respect inhérent des traditions distinctes. Ce principe de spécificité culturelle rend l’idée qu’un seul groupe décide unilatéralement pour tous les Africains encore plus problématique.


Un autre point crucial soulevé concerne l’inclusivité de la conférence. Si les Kémites envisagent réellement leur mouvement comme panafricain, l’absence de représentation d’autres groupes religieux importants, tels que les chrétiens et les musulmans, soulève des questions quant à la véritable ampleur et inclusivité de leur vision.
De plus, la question de la légitimité est centrale : qui a conféré aux Kémites l’autorité de parler pour l’ensemble de l’Afrique ? Cette question exige une réponse et une justification claires.
La critique s’attarde ensuite sur la définition même de « Kémite » et son lien avec le terme « noir ».

L’affirmation selon laquelle le mot « Kémite » signifie « noir » est remise en question par l’observation qu’aucune tribu africaine ne s’identifie historiquement ou actuellement comme « noire ». Les ancêtres de divers groupes ethniques – les Ashanti, les Zoulous, les Swahili, les Bariba, les Haoussa, les Peuls et d’innombrables autres – avaient et continuent d’avoir leurs propres noms et identités distincts. Ignorer ces auto-identifications ancestrales au profit d’une étiquette plus large, imposée de l’extérieur, soulève des questions d’authenticité et d’exactitude historique.


La diversité des croyances au sein de l’Afrique est également soulignée. Je souligne à juste titre que les pratiques religieuses varient considérablement, certaines traditions impliquant l’adoration d’animaux, d’arbres ou d’autres éléments, tandis que d’autres sont centrées sur l’adoration d’une divinité. Dans un paysage aussi diversifié, l’imposition d’un ensemble unique de valeurs ou de croyances par un seul groupe est intrinsèquement problématique et manque de respect envers l’agence individuelle et la liberté spirituelle.
En conclusion, bien que l’intention derrière la conférence des Kémites de traiter de l’impact de l’influence occidentale sur les valeurs africaines traditionnelles puisse être bien intentionnée, l’approche et la portée de leur initiative justifient un examen critique. Une approche plus inclusive et collaborative, impliquant des représentants de tous les horizons du continent africain, serait une voie plus rationnelle et productive pour favoriser un dialogue authentique et promouvoir le développement de l’Afrique d’une manière qui respecte et célèbre son héritage riche et multiforme.

Avatar de Ustaz Wadd Afriqi

Par Ustaz Wadd Afriqi

Ustaz Wadd Ifriqi is a passionate advocate for human rights, a compassionate philanthropist, and a revered Islamic educator. He has dedicated his life to uplifting Muslim communities across Africa, imparting Islamic values and principles to young minds. Known for his deep love and respect for Christians and people of other faiths, he actively promotes interfaith dialogue and understanding.
As a prominent voice for Muslim rights, he tirelessly works to foster tolerance, respect, and justice.
Ustaz Ifriqi is the founder of several impactful organizations: Bɛjyɔs, AFRISLAM, FAM (Family of African Muslims), MusliMail, Sɔlemɔ, Truligion, MFAK (Musulmans face aux khémites), and WORDMUCH (A Word from Muslims to the Church).

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