Les Khémites considèrent le christianisme et l’islam comme des religions importées, brutales et sanglantes. Ils appellent au retour aux religions traditionnelles africaines (RTA) ancestrales, qu’ils considèrent comme la véritable spiritualité de l’Afrique. Ils les décrivent comme amicales, logiques, humaines, scientifiques, pacifiques et parfaites. L’article présenté détaille un aspect de la spiritualité qu’ils prônent.

La vérité sur une vidéo virale
Une vidéo virale partagée sur des groupes WhatsApp, y compris un groupe où elle a été publiée le 21 mars 2025 à 5h53 du matin par Brahim Mahamat Litassou, membre du mouvement « Khémites », prétendait montrer la flagellation d’une jeune femme au Nigeria pour avoir refusé de se marier. Cependant, cette affirmation est fausse. L’incident s’est en réalité produit en République démocratique du Congo (RDC) et a été perpétré par des membres de la milice Mai-Mai qui ont puni la femme pour avoir porté une robe qu’ils jugeaient trop courte.
La vidéo de 5 minutes et 47 secondes montre une femme traînée et battue par des hommes armés de fusils AK-47. Les hommes crient dans une langue non identifiée pendant qu’ils frappent la femme, tandis que les spectateurs restent passifs. La vidéo a été diffusée avec l’affirmation qu’elle montrait une femme punie pour avoir refusé un mariage forcé au Nigeria, certains suggérant qu’elle s’était produite dans le nord du Nigeria et que les hommes parlaient haoussa.
Processus de vérification
DUBAWA, une organisation de vérification des faits, a enquêté sur la vidéo. Ils ont consulté Linda Ngari, la rédactrice en chef de Piga Firimbi, une plateforme kenyane de vérification des faits. Ngari, qui comprend le swahili, a confirmé que la langue parlée dans la vidéo est un dialecte du swahili utilisé en RDC. Elle a traduit des phrases telles que « nakufa » (je meurs) et « piga mi » (battez-la).
En utilisant l’outil de vérification vidéo InVid, DUBAWA a retracé l’origine de la vidéo. Des images de la vidéo ont été partagées pour la première fois sur Twitter le 20 janvier 2023 par Albert Rudatsimburwa (@albcontact), un journaliste couvrant la crise Rwanda-Congo. Rudatsimburwa a déclaré que l’incident s’était produit au Congo et avait été perpétré par les Mai-Mai.
Qui sont les Mai-Mai ?
Les Mai-Mai sont des milices communautaires formées dans les années 1960 pour défendre les territoires locaux. Ils sont connus pour opérer dans un contexte de polarisation ethnique, d’insécurité et de violations des droits de l’homme.
Lieu de l’incident
JuaRDC, un site d’information basé en RDC, a identifié la province du Maniema, dans l’est de la RDC, comme lieu de l’incident. Les hommes de la vidéo ont été identifiés comme des membres de la milice Mai-Mai qui auraient interdit aux femmes de porter des pantalons et des jupes qu’ils considéraient comme trop courts.
France 24 a également confirmé que le lieu était Maniema, signalant des violences sexistes perpétrées par la milice en raison de « tenues non autorisées ». Stéphane Kumundala, un dirigeant de la société civile au Maniema, a déclaré que le chef des Mai-Mai, Sheik Kabala Selemani, avait interdit aux femmes de porter des « jupes courtes » et des pantalons, ce qui avait entraîné des attaques et des flagellations.
Désinformation
Cette vidéo a déjà été utilisée pour diffuser de la désinformation. Début janvier, elle a circulé au Kenya avec la fausse affirmation qu’une fille de Kuria avait été flagellée pour avoir refusé la mutilation génitale féminine.
Conclusion
La vidéo ne montre pas un incident survenu au Nigeria. Elle montre la flagellation d’une femme en RDC par des membres de la milice Mai-Mai pour avoir porté une robe courte. L’affirmation selon laquelle elle montre un mariage forcé au Nigeria est fausse.
Contre-récit
La vidéo, qui date de plus de deux ans, a été utilisée pour diffuser un faux récit. Le cadre visuel, la langue (swahili, pas haoussa) et les caractéristiques physiques des personnes dans la vidéo contredisent tous l’affirmation selon laquelle elle s’est produite dans l’État de Zamfara, au Nigeria. L’incident implique des milices Mai-Mai en RDC, et non des musulmans appliquant le mariage. La femme a été punie pour avoir porté une robe courte, une violation des traditions Mai-Mai. La tentative d’attribuer cet incident à l’islam est une fausse représentation et une désinformation nuisible.