
Le sujet des pèlerinages, en particulier le Hajj à La Mecque et le Grand Magal de Touba, suscite souvent des débats passionnés, notamment en ce qui concerne leur impact économique et l’exploitation perçue. Une question se pose fréquemment : pourquoi certains critiques, en particulier ceux du mouvement « Khémite », se concentrent-ils si fortement sur le Hajj tout en restant silencieux sur le Grand Magal de Touba ?
Les Critiques du Hajj :
Un argument courant avancé contre les musulmans africains effectuant le Hajj est qu’ils « financent l’économie saoudienne » au détriment de la leur. Les critiques soulignent les sommes considérables dépensées pour les voyages, l’hébergement et autres dépenses en Arabie saoudite. Ils mettent également en évidence le contexte historique, notant comment les anciens pèlerins africains voyageaient à pied, à dos d’âne ou de chameau, soulevant des questions sur les flux économiques actuels. Certains vont même jusqu’à affirmer que le Hajj a été « inventé pour exploiter les Noirs ».
Il est important de reconnaître que le pourcentage de musulmans africains effectuant le Hajj, bien que significatif, pourrait être inférieur à celui d’autres continents. Cependant, l’impact économique est indéniable.
Le Grand Magal de Touba : Un Parallèle ?
Cela nous amène au Grand Magal de Touba (GMT) au Sénégal. Cet événement annuel attire des millions de pèlerins, dépassant potentiellement le Hajj en nombre certaines années. Les pèlerins venant de tout le Sénégal, des pays voisins et même au-delà de l’Afrique convergent vers Touba, injectant un capital important dans l’économie locale et nationale.

* Impact Économique : Le GMT stimule indéniablement l’économie sénégalaise, reflétant l’impact du Hajj sur l’Arabie saoudite.
* Échelle : Avec 4 à 5 millions de participants, le GMT est une entreprise massive, démontrant la dévotion de ses fidèles.
* Signification Régionale : C’est le plus grand rassemblement religieux musulman d’Afrique de l’Ouest, attirant des pèlerins d’une vaste zone géographique.
Le Deux Poids, Deux Mesures :
La question devient alors : pourquoi cette disparité dans les critiques ? Si le Hajj est considéré comme une ponction économique, pourquoi le Grand Magal de Touba n’est-il pas examiné avec la même rigueur ? Le principe de « fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent » entre en jeu. Si des accusations d’exploitation économique sont portées contre un pèlerinage, la cohérence exige une évaluation similaire de l’autre.
Solutions et Autonomie :
Au lieu de se concentrer uniquement sur les critiques, il est plus productif d’explorer des solutions qui profitent aux économies africaines. Voici quelques suggestions :
* Compagnies Aériennes Africaines : Investir dans des compagnies aériennes africaines pour transporter les pèlerins pourrait rediriger les revenus vers le continent. Actuellement, les transporteurs étrangers, comme Turkish Airlines, en bénéficient considérablement.
* Routes de Transit Terrestres : L’établissement de routes terrestres sûres et efficaces à travers des pays comme le Tchad et le Soudan pourrait réduire considérablement les coûts de voyage. Cela pourrait impliquer un transit en bus vers Port-Soudan, puis un voyage en bateau vers Djeddah, reflétant la signification historique du canal de Suez, mais au profit de l’Afrique.
* Collaboration Interreligieuse : L’exploration de coentreprises entre les communautés musulmanes et chrétiennes pour les infrastructures de transport pourrait profiter aux deux groupes, favorisant l’unité et la coopération.
Surmonter la Division :
Le problème fondamental, comme souligné, est le manque d’unité et de collaboration. Les divisions tribales, religieuses et autres entravent le progrès. La réticence de différents groupes à investir dans des infrastructures partagées, que ce soit pour le Hajj ou d’autres pèlerinages, perpétue la dépendance économique.
Aller de l’Avant :
Il est temps de passer des accusations à l’action. En investissant dans nos propres infrastructures, en favorisant la coopération interreligieuse et en donnant la priorité à l’autonomie économique, les nations africaines peuvent s’assurer que les pèlerinages, que ce soit à La Mecque ou à Touba, contribuent à la prospérité du continent. Travaillons ensemble pour résoudre nos problèmes, plutôt que de nous engager dans des cycles infinis de blâme.