
Carrefour Spirituel de l’Afrique : Au-delà de l’Extermination, Vers la Compréhension
L’affirmation controversée de certains Kémétistes (ou « Khémites ») selon laquelle le christianisme et l’islam, en tant que « religions importées », devraient être éradiqués d’Afrique en raison de leur rôle perçu dans les luttes du continent, révèle une simplification dangereuse. Ce point de vue ignore l’histoire complexe des interactions religieuses en Afrique et les contributions significatives que ces fois ont apportées au paysage culturel du continent.
L’argument selon lequel ces religions sont la cause principale de l' »échec » de l’Afrique est une grossière déformation de la réalité. Il néglige l’impact dévastateur du colonialisme, du néocolonialisme et des défis économiques et politiques actuels. De plus, il manque de respect envers les millions d’Africains qui trouvent une subsistance spirituelle et une communauté au sein de ces traditions religieuses.
Ironiquement, la position kémétiste néglige la portée mondiale et l’impact économique des pratiques spirituelles africaines indigènes, qui sont elles-mêmes souvent soumises à l’étiquette « importé ». Le vaudou, avec ses quelque 55 millions d’adeptes dans le monde, en est un excellent exemple. Ses racines en Afrique de l’Ouest, en particulier dans des pays comme le Bénin, sont indéniables, et sa diffusion mondiale souligne son influence durable.
Les avantages économiques des religions traditionnelles africaines sont considérables. Les festivals comme la célébration Homowo du peuple Ga à Accra attirent des revenus touristiques substantiels. La récente promotion par le Bénin de ses festivals Vodoun (Vaudou) démontre une stratégie claire pour capitaliser sur cet intérêt croissant, visant à stimuler l’économie nationale et à renforcer sa position régionale. De plus, les marchés d’antiquités africaines florissants, attirant des acheteurs internationaux d’artefacts et d’artisanat, soulignent la valeur économique de ces expressions culturelles.
Essentiellement, l’argument kémétiste omet souvent de reconnaître la nature syncrétique de la spiritualité africaine. Les religions en Afrique ne sont pas restées statiques. Elles ont interagi et se sont mélangées, créant des expressions de foi uniques. Un exemple frappant en est l’Église Céleste du Christ au Bénin. Cette église, souvent décrite comme une « église transformée par le vaudou », a une audience mondiale, avec des adeptes de toute l’Afrique de l’Ouest et au-delà, qui affluent vers son siège pendant la période de Noël et du Nouvel An pour des observances rituelles. Ce pèlerinage souligne non seulement la signification spirituelle de l’église, mais fournit également un coup de pouce substantiel à l’économie béninoise.
L’Église Céleste du Christ illustre comment les traditions spirituelles africaines peuvent évoluer et s’adapter, intégrant des éléments de différents systèmes de croyances. Ce processus dynamique d’échange culturel est une caractéristique de l’histoire africaine et devrait être célébré, et non condamné.
Au lieu de prôner l' »extermination » des religions, une approche plus constructive consiste à favoriser le dialogue et la compréhension entre les différentes fois. La reconnaissance des complexités historiques et des diverses façons dont les Africains expriment leur spiritualité est essentielle. Avant de porter un jugement, il est impératif d’acquérir des connaissances précises.
Il est particulièrement important pour les Africains de s’engager dans des recherches approfondies et une éducation sur leur propre continent. La promotion d’une compréhension plus approfondie de l’histoire africaine, y compris les contributions des religions indigènes et « importées », est cruciale pour construire un avenir plus informé, tolérant et prospère.