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Le récit khémitique et la traite négrière arabe : les domaines d’inattention

L’Histoire Complexe de l’Esclavage en Afrique et dans le Monde Arabe : Une Perspective Nuancée
Une question qui a été posée par beaucoup, mais qui reste souvent sans réponse pour certains, concerne le récit de l’implication arabe dans l’asservissement des Africains noirs. L’accusation est que les Arabes musulmans ont envahi l’Afrique et réduit en esclavage des millions de personnes noires, attribuant cet acte au prophète Mohammed (SAWS) et le qualifiant par conséquent de raciste. Un orateur, Mbog Bassong, a même appelé à son arrestation lors d’une émission de télévision en direct.

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Il est important de s’attaquer au terme « Arabo-Musulmans ». Ce terme est souvent un terme impropre, potentiellement inventé pour confondre l’identité arabe avec la foi islamique à des fins malveillantes. Il est crucial de reconnaître qu’avant l’islam, il existait diverses affiliations religieuses parmi les Arabes, notamment des chrétiens, des zoroastriens, des païens, des animistes et des athées. Par conséquent, attribuer l’esclavage uniquement aux Arabes musulmans ignore le contexte historique.
L’esclavage a existé sous diverses formes à travers le monde bien avant l’islam. Dans le monde arabe, l’esclavage était également répandu, et des individus de diverses ethnies, notamment des Africains noirs, des Européens, des Persans et autres, étaient réduits en esclavage. L’histoire de Bilal ibn Rabah, un esclave éthiopien libéré par Abu Bakr (RA), un proche compagnon du prophète Mohammed (SAWS), sert d’exemple de l’esclavage préislamique et du début de l’ère islamique. Attribuer cette pratique uniquement aux Arabes musulmans ne tient pas compte de la réalité historique de l’esclavage en tant qu’institution répandue dans de nombreuses cultures et périodes.
Une question essentielle qui reste souvent sans réponse est la suivante : quelles régions spécifiques d’Afrique ont été ciblées par les marchands d’esclaves arabes ? L’influence de l’arabe sur des langues comme le haoussa et le swahili soulève d’autres questions. Cette influence linguistique était-elle uniquement une conséquence de la traite négrière, ou d’autres facteurs, tels que le commerce et les échanges culturels, étaient-ils en jeu ?
Des régions comme le Mozambique, dont le nom est dérivé de Moussa Ben Back, un dirigeant arabe, et des îles comme Kilwa Kiswani, Zanzibar et les Comores, portent toutes une influence culturelle arabe significative. Ces régions ont en effet fait partie des territoires gouvernés par les Arabes pendant des siècles. S’il est indéniable que les Arabes ont réduit en esclavage des Africains noirs et des personnes d’autres ethnies, il est tout aussi important de ne pas déformer les faits historiques. Le récit de l’implication arabe dans la traite négrière doit reconnaître le contexte plus large de l’existence de l’esclavage tout au long de l’histoire.
Alors que certains affirment que la traite négrière arabe a pris fin au début des années 1970, d’autres soutiennent qu’elle se poursuit sous différentes formes aujourd’hui. Il est essentiel de fonder les discussions sur des preuves factuelles et d’éviter de perpétuer des idées fausses qui peuvent alimenter des sentiments négatifs et des préjugés. Une compréhension approfondie et nuancée de l’histoire est nécessaire pour aborder ces questions complexes avec précision et responsabilité. Simplifier à outrance le récit ou se concentrer uniquement sur l’implication d’un seul groupe risque d’obscurcir le contexte historique plus large et d’entraver un dialogue productif.

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Par Ustaz Wadd Afriqi

Ustaz Wadd Ifriqi is a passionate advocate for human rights, a compassionate philanthropist, and a revered Islamic educator. He has dedicated his life to uplifting Muslim communities across Africa, imparting Islamic values and principles to young minds. Known for his deep love and respect for Christians and people of other faiths, he actively promotes interfaith dialogue and understanding.
As a prominent voice for Muslim rights, he tirelessly works to foster tolerance, respect, and justice.
Ustaz Ifriqi is the founder of several impactful organizations: Bɛjyɔs, AFRISLAM, FAM (Family of African Muslims), MusliMail, Sɔlemɔ, Truligion, MFAK (Musulmans face aux khémites), and WORDMUCH (A Word from Muslims to the Church).

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