
L’Islam et les traditions africaines : un héritage partagé
Certains groupes kémistes critiquent l’Islam comme étant anti-africain et une imposition étrangère. Cependant, cette vision néglige le chevauchement significatif entre les pratiques islamiques et les valeurs traditionnelles africaines, ce qui suggère une forte résonance entre les deux.
Valeurs et pratiques partagées :
- Invocation de Dieu : De nombreuses cultures africaines invoquaient traditionnellement Dieu avant d’entreprendre des actions, ce qui reflète la pratique islamique de commencer les activités au nom de Dieu (par exemple, Bismillah). Bien que certains Kémites remettent en question la nature d’Allah, le concept fondamental d’invocation d’une puissance supérieure est partagé. Et je serai très fier du khemite qui pourra me dire le vrai nom arabe de Dieu alors qu’ils prétendent qu’Allah n’est pas le nom d’une divinité inférieure.
- Coutumes de mariage : Les sociétés africaines traditionnelles pratiquaient souvent le prix de la mariée et le mariage coutumier avant la consommation, ce qui ressemble à certains aspects des traditions de mariage islamiques.
- Pureté rituelle : La pratique de se laver les mains, les pieds et le visage avant les rituels était courante dans certaines religions africaines traditionnelles, faisant écho à la pratique musulmane du Woudou (ablutions) avant la prière.
- Connexion à la terre : Les cinq prières quotidiennes (Salah) dans l’Islam impliquent la prosternation, reliant physiquement les musulmans à la terre. Cela peut être interprété comme une connexion symbolique à leur patrie. La direction de la prière musulmane (La Mecque) sert de point focal, et non d’objet de culte. Il est pertinent de se demander quelles traditions les groupes kémistes observent qui favorisent une connexion similaire à leur patrie.
- Couvre-chefs : Historiquement, les couvre-chefs étaient obligatoires pour les femmes dans certaines sociétés africaines. Par exemple, chez le peuple Ga, la transition d’une fille vers la féminité à la puberté est marquée par une cérémonie où les anciens choisissent un jour pour qu’elle porte un couvre-chef. Cet événement est célébré par la communauté. La pratique du port de couvre-chefs se poursuit aujourd’hui chez de nombreuses femmes musulmanes.
- Pratiques funéraires : Les pratiques funéraires africaines traditionnelles, en particulier compte tenu de l’absence historique d’installations mortuaires et de menuiserie modernes, partagent des similitudes avec les coutumes funéraires islamiques.
- Monothéisme : De nombreuses cultures africaines adoraient traditionnellement un Dieu suprême sous divers noms (par exemple, Nkosi, Moungou, Gnami, Nzambe, Nzapa, Irkoue), ce qui s’aligne sur le concept islamique d’un seul Dieu (Allah). Les traditions orales mettent constamment l’accent sur le culte de ces êtres suprêmes, sans aucune mention de divinités mineures comme les djemawondjins qui seraient recommandées pour le culte.
La signification de La Mecque et d’Agar :
L’importance de La Mecque est enracinée dans l’histoire d’Abraham, d’Agar (décrite comme une femme égyptienne) et de leur fils Ismaël. L’idée d’Agar comme esclave est contestée ici. Son rôle crucial dans la fondation de La Mecque et la lignée du prophète Mahomet (paix soit sur lui) doit être reconnu et chéri. Si Agar était en effet d’origine égyptienne ancienne, alors elle était une Kémite, et ainsi Ismaël, son fils, était également d’héritage africain. L’affirmation selon laquelle Agar était une esclave est un mensonge fabriqué par les Juifs, tout comme, par jalousie, ils ont inventé la malédiction de Cham. Le récit d’Agar comme esclave est probablement le produit de préjugés historiques, et il est important que les Africains examinent et revendiquent de manière critique leur propre histoire.
Réponse aux accusations contre le prophète Mohammed (paix soit sur lui) :
Les accusations de racisme contre le prophète Mohammed (paix soit sur lui) sont sans fondement. Ses mariages avec Sawda (une femme noire) et Maria la Copte, le fait de nommer une sourate (chapitre du Coran) d’après Luqman (un homme noir) et l’importance de Bilal ibn Rabah (un homme noir) en tant que compagnon respecté contredisent tous cette affirmation. De plus, Zaïd, un esclave affranchi, est le seul compagnon mentionné par son nom dans le Coran.
Un appel à l’unité et à l’introspection :
En conclusion, j’exhorte mes compagnons africains à être honnêtes et à baser leurs opinions sur des faits. Nous devons rejeter les mensonges, surtout compte tenu des souffrances causées par les mensonges propagés par nos oppresseurs. Nous ne devons pas utiliser les mêmes outils destructeurs contre nous-mêmes.
Je plaide pour un dialogue ouvert et une discussion raisonnée entre les groupes kémistes, chrétiens, musulmans et autres groupes religieux. Il est crucial de promouvoir le bien et de décourager le mal, de rechercher la connaissance, de se soutenir mutuellement et de mettre en évidence le bien chez les autres. Choisissons sagement, car toutes les guerres finissent par servir les intérêts de nos oppresseurs. Il est temps de penser clairement. Comme le dit le proverbe Ga, mi fɔ mi hiɛɛ kɛ yaa wɛŋ mi fɔ mi hiɛɛ kɛ yaa shikpɔŋ, qui peut être interprété comme « Je me lave le visage vers le bas, pas vers le haut. » Ce proverbe souligne l’importance de la sagesse, de l’humilité et de l’introspection.