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Le Dieu Africain Mal Compris : Miséricorde, Justice et l’Erreur Khémitique.

Le Dieu Africain Mal Compris : Miséricorde, Justice et l’Erreur Khémitique.

Le débat entourant la nature de Dieu et la justice divine est aussi vieux que l’humanité elle-même. Récemment, un groupe connu sous le nom de Khémites a remis en question la compréhension traditionnelle de Dieu, en particulier en ce qui concerne les religions abrahamiques. Leur argument central repose sur l’idée qu’un « vrai » Dieu doit être exclusivement miséricordieux et indulgent, sans jamais recourir à la punition. Ils pointent du doigt les concepts de rétribution divine dans le christianisme (Eloi) et l’islam (Allah) comme preuve contre leur validité, affirmant que ces religions dépeignent des divinités violentes. Ironiquement, tout en prônant un retour aux valeurs ancestrales africaines, les Khémites semblent mal comprendre le cœur même des croyances traditionnelles africaines sur le divin.
La perspective khémitique suggère qu’un Dieu véritablement bienveillant ne punirait jamais personne, quelles que soient ses transgressions. Cette vision contraste fortement avec la compréhension africaine traditionnelle du divin. Sur tout le continent, de Nyame des Ashanti à ouMlimou des Nébélés, Nkosi des Ngounis, Mawou des Éwés, Nzambe, Moungou, etc., les conceptions africaines de Dieu intègrent à la fois la miséricorde et la justice. Le divin n’est pas simplement un observateur passif du comportement humain, mais une force active qui maintient l’ordre cosmique.
Dans de nombreuses cultures africaines, les phénomènes naturels comme le tonnerre sont interprétés comme des expressions du mécontentement divin. Cette crainte du pouvoir de Dieu se reflète dans la vénération dont jouissent les prêtres, qui agissent comme intermédiaires entre les royaumes humain et divin. Les sociétés africaines traditionnelles ont des systèmes de justice bien définis, et ceux qui violent les normes sociales – voleurs, adultères, menteurs – sont confrontés à des conséquences au sein de leurs communautés. Ces systèmes reflètent souvent la croyance que les forces divines finiront par punir les mauvaises actions, même si la justice humaine est imparfaite. Le cas tragique d’une personne frappée par la foudre est souvent considéré comme un acte direct de jugement divin, nécessitant des rituels de purification importants pour toute la communauté.
C’est précisément cet équilibre entre miséricorde et justice que les Khémites semblent négliger. Alors qu’ils se font les champions d’un retour aux valeurs ancestrales africaines, leur représentation du Dieu africain comme uniquement indulgent est une fausse représentation. D’innombrables discussions révèlent un écart important dans la compréhension de leur propre héritage par les Khémites. Ils semblent ignorer que le Dieu d’Afrique, bien qu’en effet miséricordieux et compatissant, est aussi une force avec laquelle il faut compter, capable d’infliger de sévères punitions.
L’argument khémitique, par conséquent, présente un paradoxe. Ils critiquent les religions abrahamiques pour leur représentation d’un Dieu qui punit, mais ils promeuvent simultanément une vision du Dieu africain qui contredit les traditions mêmes qu’ils prétendent défendre. La vérité est que le Dieu africain, dans toutes ses diverses manifestations, incarne à la fois l’amour et la justice. Se concentrer uniquement sur un aspect tout en ignorant l’autre, c’est créer une image incomplète et finalement inexacte du divin.

Les traditions orales de diverses cultures africaines, notamment celles des Zoulous et des Ga d’Accra, racontent des histoires d’interventions divines où Dieu a aidé leurs ancêtres à vaincre leurs ennemis, même lorsque ces ennemis étaient aussi des Africains noirs. Par exemple, l’histoire orale des Ga suggère que les ethnies voisins comme les Ashanti et les Fanti craignaient leur divinité, « NYOGNMO, » en raison des importantes défaites qu’il leur avait infligées. Il est crucial pour les Khémites de bien comprendre ces récits historiques avant de tenter de les interpréter ou de les utiliser dans leurs arguments.

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Par Ustaz Wadd Afriqi

Ustaz Wadd Ifriqi is a passionate advocate for human rights, a compassionate philanthropist, and a revered Islamic educator. He has dedicated his life to uplifting Muslim communities across Africa, imparting Islamic values and principles to young minds. Known for his deep love and respect for Christians and people of other faiths, he actively promotes interfaith dialogue and understanding.
As a prominent voice for Muslim rights, he tirelessly works to foster tolerance, respect, and justice.
Ustaz Ifriqi is the founder of several impactful organizations: Bɛjyɔs, AFRISLAM, FAM (Family of African Muslims), MusliMail, Sɔlemɔ, Truligion, MFAK (Musulmans face aux khémites), and WORDMUCH (A Word from Muslims to the Church).

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